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Sciences

L’évolution de la marche : une étude révèle un mode de vie terrestre plus récent chez les premiers Homo

L’acquisition de la bipédie, la capacité à marcher sur deux jambes, marque une étape cruciale dans l’évolution humaine, distinguant nos ancêtres des autres grands singes. Cette capacité a libéré les mains et a permis de parcourir de longues distances, ouvrant potentiellement la voie à de nouveaux comportements et à la colonisation de divers environnements.

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Illustration Fil Clair.

La question de savoir ce qui a poussé l’Homme à adopter la bipédie reste un sujet de débat. En l’absence de preuves fossiles définitives, les chercheurs s’appuient sur l’observation du comportement des chimpanzés, nos plus proches parents. Ces observations suggèrent que nos ancêtres se redressaient pour transporter de la nourriture dans leurs mains.

Si l’importance de la bipédie dans le développement de la lignée humaine est indéniable, la date et les raisons de son apparition chez les hominines restent floues. L’hypothèse initiale situait l’émergence de la bipédie il y a environ 6 à 7 millions d’années, avec *Sahelanthropus tchadensis* (Toumaï) souvent cité comme un candidat potentiel, bien que cette interprétation soit controversée.

Une nouvelle étude suggère que la transition vers un mode de vie plus terrestre pourrait être survenue beaucoup plus tard, il y a environ deux millions d’années. Cette conclusion est basée sur l’analyse de fossiles de sept individus appartenant aux australopithèques et aux premiers représentants du genre *Homo*, datant de 1,5 à 3,7 millions d’années.

Les chercheurs ont examiné la structure interne des os des bras et des jambes grâce à des scanners. Les résultats montrent que si les australopithèques présentaient déjà des caractéristiques de bipédie, la robustesse de leurs bras indiquait qu’ils passaient encore beaucoup de temps dans les arbres. À l’inverse, les premiers *Homo*, vivant entre 1,8 et 2,3 millions d’années, affichaient une configuration osseuse plus proche de celle des humains modernes, avec des jambes plus robustes que les bras, suggérant une dominance du déplacement bipède au sol.

Ces observations ont été publiées dans la revue *Science Advances*. Une corrélation intrigante a également été notée entre ce changement comportemental et une augmentation significative de la taille du cerveau. Bien qu’un lien de causalité n’ait pas été prouvé, cette coïncidence soulève des questions sur les interactions entre l’évolution de la marche et le développement du cerveau. « Nous supposons que l’évolution vers une marche plus fréquente a pu imposer de nouvelles exigences au corps et au cerveau, ce qui pourrait aider à expliquer pourquoi ces changements se sont produits à peu près au même moment », a déclaré Kristian Carlson, auteur principal de l’étude.