Mélenchon réaffirme sa ligne radicale devant une foule immense au Bourget
Jean-Luc Mélenchon a promis samedi devant plus de 20 000 personnes au parc des expositions du Bourget, en Seine-Saint-Denis, de ne pas modifier sa ligne politique, affirmant que c’était le meilleur moyen de remporter un second tour face à Marine Le Pen. Le rassemblement a eu lieu après la publication vendredi du programme présidentiel de La France insoumise, intitulé « L’Avenir en commun », qui comprend 1 069 propositions.
Le candidat a exclu toute concession, déclarant : « D’autres commentateurs me recommandent de mettre de l’eau dans mon vin pour séduire et être moins clivant. Je ne le ferai pas. » Il a également lancé : « Nous allons rester sur notre projet de rupture mais en élargissant sur des sujets que l’on évoquait peut-être moins », comme les « maladies écologiques », a précisé Manuel Bompard, son bras droit.
Le meeting a débuté par une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, tué lors des attentats racistes de Trappes et La Verrière, dont les obsèques ont eu lieu le même jour. Mélenchon a ensuite critiqué la gestion du pays par Emmanuel Macron, qualifiant sa fin de mandat de « sombre fin de règne ». Il a également pointé du doigt la « sauvagerie des violences policières » lors des manifestations et a dénoncé le Rassemblement national pour son « racisme ».
Malgré les sondages qui le placent actuellement en lice pour le second tour, mais largement derrière Marine Le Pen, Mélenchon a affiché une grande confiance. Le choix du Bourget n’est pas anodin, ce lieu ayant accueilli le dernier meeting de premier tour de François Mitterrand en 1988, une figure tutélaire pour le candidat Insoumis, ancien membre du PS pendant plus de 30 ans.
Certains membres du collectif Nous Vivons ont protesté à l’entrée du parc, accusant Mélenchon de flirter avec l’antisémitisme. Avant le discours de Mélenchon, des élus Insoumis ont présenté des saynètes mettant en scène des éléments du programme, avec Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, recevant les applaudissements les plus chaleureux.
Les adversaires politiques de Mélenchon ont critiqué son programme, Marine Le Pen le qualifiant de « projet de démantèlement de la France », tandis qu’Edouard Philippe a pointé du doigt une « vision communautariste » et une « économie administrée ».