Les marchés financiers fragilisés par les craintes liées à l’intelligence artificielle
Les marchés boursiers mondiaux ont subi des pertes significatives, illustrant une capitulation des valeurs technologiques, selon Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets. À New York, le Nasdaq a enregistré une chute de 5,52 %, la plus importante depuis avril 2025, le plaçant en territoire de correction, ayant perdu plus de 10 % par rapport à son sommet d’octobre.
Le S&P 500 a reculé de 4,35 % et le Dow Jones de 3,44 %, effaçant les gains de la veille.
« Nous pensions être tirés d’affaire après le rebond du marché consécutif aux élections de mi-mandat, mais soudain, c’est un véritable bain de sang, » a commenté Jose Torres, analyste d’Interactive Brokers.
En Europe, les indices ont également baissé, bien que dans une moindre mesure. Francfort a perdu 0,43 %, Londres 1,03 %, tandis que Paris a affiché une légère progression de 0,34 %.
Les investisseurs interprètent les résultats des élections de mi-mandat comme un obstacle potentiel au développement de l’intelligence artificielle. Plusieurs élus démocrates nouvellement élus avaient promis de freiner la construction de centres de données, et des villes américaines ont adopté des restrictions ou des interdictions concernant ces infrastructures.
Ces centres de données, essentiels à l’essor de l’IA, ont été un moteur majeur de la croissance économique et des marchés boursiers ces dernières années. Les entreprises de semi-conducteurs, cruciales pour l’équipement de ces centres, ont été particulièrement touchées. Broadcom a chuté de 10,15 %, Micron de 17,17 % et AMD de 17,39 %. Nvidia, deuxième entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, a perdu 8,91 %, soit environ 400 milliards de dollars. Les « sept magnifiques » (Nvidia, Meta, Alphabet, Microsoft, etc.) ont perdu collectivement environ 800 milliards de dollars, un montant supérieur au PIB de la Suède.
En Europe, les entreprises comme Infineon, ASML et STMicroelectronics ont également subi des pertes importantes.
À l’inverse, certains secteurs considérés comme « défensifs », comme les produits pharmaceutiques (Bayer, AstraZeneca, Sanofi), ont connu une hausse. L’aversion au risque a également favorisé les obligations d’État américaines, perçues comme des valeurs refuges. Les taux obligataires à 10 ans se sont stabilisés à 4,84 %.
Le prix du pétrole a rebondi, en l’absence d’avancées significatives vers un accord au Moyen-Orient. Le Brent de la mer du Nord a gagné 3,88 %, à 98,29 dollars, et le West Texas Intermediate 2,72 %, à 90,52 dollars.
Enfin, l’entreprise Rheinmetall a connu une journée difficile à la Bourse de Francfort, suite à une révision à la baisse de ses prévisions annuelles et au report d’un contrat majeur avec l’armée allemande, entraînant une chute de 16,19 % de son action.