Olechky : Des témoignages poignants sur la famine et l’évacuation d’une ville assiégée
La trêve humanitaire, la plus longue depuis le début de l’invasion russe en Ukraine en 2022, a pris fin dimanche 1er novembre au soir à Olechky.
Cette pause dans les combats avait été mise en place pour répondre à l’urgence humanitaire de la population civile piégée dans cette ville.
Située sur la ligne de front, près de Kherson, Olechky a été soumise à de lourds bombardements russes depuis le début du conflit. Les habitants y subissent une famine sévère depuis des mois, aggravée par le manque de médicaments.
Des survivants ont été évacués la semaine dernière, et leurs témoignages sont bouleversants. Valera, 29 ans, a déclaré à l’AFP : « Beaucoup de gens mangeaient de l’herbe. Certains mangeaient même des chiens ». Un autre habitant a raconté qu’ils étaient obligés de chasser des pigeons pour survivre.
Les retrouvailles avec leurs familles sont émouvantes, avec des habitants visiblement affaiblis, arborant des drapeaux ukrainiens, serrant dans leurs bras des proches qu’ils n’avaient pas vus depuis des années.
Daryna, 40 ans, a pu maintenir le contact avec sa mère, restée à Olechky, qui lui a décrit la situation désastreuse. « Les personnes travaillant à l’hôpital recevaient parfois de la nourriture par ambulance », a-t-elle rapporté, avant que cela ne devienne impossible en raison des mines russes qui bloquent les routes.
Face à la famine, certains habitants ont risqué leur vie pour se rendre à Radensk, une ville voisine située à une vingtaine de kilomètres. Un habitant a souligné que de nombreuses personnes n’ont pas fait le retour, victimes de mines.
Environ 700 personnes ont été évacuées d’Olechky depuis la nuit du 26 au 27 octobre.
Une aide humanitaire a été acheminée sur place après le déminage des routes. Kiev a proposé à Moscou une prolongation du cessez-le-feu, proposition rejetée. Le médiateur ukrainien pour les droits humains a cependant annoncé, sur Telegram, qu’il travaillait sur de nouvelles initiatives humanitaires avec son homologue russe.