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International

Manifestations contre les pesticides : des agriculteurs simulent la mort pour dénoncer des reculs législatifs

Elizabeth MacNamara et Paul-Émile Carpentier, agriculteurs retraités de la région de Gatineau atteints de la maladie de Parkinson, n’ont pas pu participer à une manifestation à Ottawa en raison de leur état de santé. Leur belle-sœur, Monique Bisson, a pris la parole en leur nom, ainsi que pour d’autres victimes des pesticides, sur la colline du Parlement.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Des rassemblements similaires ont eu lieu simultanément samedi à Québec, Ottawa, Sherbrooke et ailleurs, rassemblant des centaines de personnes. Les manifestants, comme Mme Bisson, cofondatrice de l’association Victimes des pesticides du Québec, réclament le retrait du projet de loi C-31 et l’abolition de la Loi C-30.

La Loi C-30, adoptée en juin dernier, a modifié la Loi sur les produits antiparasitaires, permettant au Conseil des ministres d’autoriser l’utilisation de pesticides interdits par Santé Canada en raison de leurs dangers. Le gouvernement fédéral avait justifié ce changement par des considérations de sécurité économique et alimentaire.

« À l’Halloween, on fait peur. Le projet de loi C-31 fait peur parce que c’est un recul pour la santé du Québec et du Canada, » a déclaré Monique Bisson.

Le projet de loi C-31, actuellement examiné par le Comité permanent des finances, suscite également des inquiétudes. Il modifierait la Loi sur les produits antiparasitaires, mettant fin à l’obligation de réévaluer les pesticides tous les 15 ans, ce qui pourrait entraîner une homologation à vie.

La Dre Helen Hsu, représentant de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, critique cette approche, estimant qu’elle s’oppose au principe de la médecine fondée sur des données probantes. Elle plaide pour un renforcement de la réglementation des pesticides, soulignant leur lien avec des maladies neurologiques chroniques comme Parkinson, Alzheimer et la démence, ainsi que le développement de certains cancers.

Des enfants costumés pour l’Halloween ont participé aux manifestations, se joignant aux adultes pour une minute de silence, simulant une mort liée aux pesticides. Chantal Pelletier, membre de Mères au front de l’Outaouais, a déclaré : « On se mobilise pour nos enfants, pour nos petits-enfants, pour qu’ils aient un avenir où ils peuvent être bien en santé, grandir sans être inquiétés par la pollution ou sans tomber malades de l’effet des pesticides. »

Elle exprime sa préoccupation quant à l’influence de groupes d’intérêt pro-pesticides sur les décideurs et déplore le manque de volonté du gouvernement à renforcer la réglementation. La ministre fédérale de la Santé, Marjorie Michel, n’a pas répondu à une demande d’entrevue de Radio-Canada.

Chantal Pelletier espère que le gouvernement fédéral prendra conscience de la situation, tout en reconnaissant que la transition vers l’Halloween symbolise une période de ténèbres, et qu’elle craint que le gouvernement de M. Carney n’entraîne le pays vers cette obscurité.