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Le Canada trace sa voie : un budget axé sur l’indépendance économique

Le gouvernement dirigé par Mark Carney dévoile ce jeudi un budget stratégique, baptisé « Maîtres chez nous », conçu pour réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis, notamment face aux politiques de Donald Trump.

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Illustration Fil Clair.

Cette présentation budgétaire pour l’année financière 2026-27 survient deux jours après les élections de mi-mandat américaines, qui ont vu une défaite significative des républicains, et dans un contexte de négociations en cours pour résoudre les tensions commerciales entre les deux pays.

Depuis un an et demi, Mark Carney a mis l’accent sur l’autonomie économique du Canada, une stratégie clairement reflétée dans le titre de ce budget.

« Ce plan vise principalement à transformer le modèle de croissance canadien », a déclaré le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, qui présentera le budget au Parlement. Il a ajouté mercredi, arborant une nouvelle paire de chaussures comme le veut la tradition, « Peu importe ce qui se passe au sud de la frontière, nous serons plus résilients, plus forts et plus indépendants ».

Les relations entre le Canada et les États-Unis se sont détériorées depuis le retour de Donald Trump en 2025, marqué par l’imposition de droits de douane sur les produits canadiens. Les négociations commerciales avaient été interrompues par M. Carney.

Malgré ces tensions, les deux pays ont exprimé leur optimisme quant à une résolution prochaine du conflit commercial.

Le budget prévoit notamment des investissements importants dans des projets d’énergie, d’exploitation minière et d’infrastructures, une priorité pour renforcer la souveraineté canadienne.

François-Philippe Champagne a également annoncé des mesures pour atténuer l’impact de la hausse du coût de la vie et soutenir les travailleurs des secteurs touchés par les droits de douane américains, tels que l’automobile et l’acier.

Le déficit budgétaire, nécessaire au financement de ces initiatives, sera scruté de près par l’opposition. Jean-Denis Garon, député du Bloc Québécois, a critiqué le budget, affirmant que le déficit serait important et dépasserait les objectifs gouvernementaux. Ce déficit sera cependant inférieur à celui du premier budget de l’ère Carney, qui s’élevait à 78,3 milliards de dollars canadiens.

Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa, souligne que des facteurs tels que les droits de douane, l’emploi et le taux de chômage pourraient influencer la mise en œuvre du plan. La récente augmentation du taux directeur par la Banque du Canada ajoute une couche de complexité.

Après sa présentation au Parlement, le budget sera soumis à un vote de confiance, qui ne devrait pas poser de problème au gouvernement Carney, fort d’une majorité renforcée lors des élections partielles de fin août.