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International

Israël : Les négociations s’annoncent complexes après des élections qui laissent le pays dans l’impasse

Les premières estimations des élections législatives israéliennes, qui se sont tenues mardi, indiquent une situation d’impasse, laissant à la fois le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l’opposition Gadi Eisenkot loin d’une majorité de gouvernement.

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Illustration Fil Clair.

Avec environ 85 % des bulletins dépouillés mercredi après-midi, ni le bloc de droite et religieux de M. Netanyahu, ni la large coalition soutenant M. Eisenkot ne parviennent à atteindre les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement au sein de la Knesset, le parlement israélien, qui compte 120 sièges.

Les analystes politiques soulignent qu’une formation de gouvernement nécessitera probablement qu’une faction revienne sur ses engagements de campagne, étant donné les divergences idéologiques et personnelles entre les partis clés. À défaut d’accord, la loi israélienne prévoit un retour aux urnes.

Benjamin Netanyahu a salué ses partenaires de coalition traditionnels et a appelé à la formation rapide d’un « gouvernement de droite fort ». Il a également réitéré sa demande que M. Netanyahu quitte la vie publique, invoquant une perte de confiance du public. Des médias israéliens et américains ont rapporté que M. Netanyahu avait discuté de possibles frappes sur des cibles iraniennes avec les États-Unis, ce qui pourrait influencer les calculs internes en cas de conflit militaire régional plus large.

Du côté de l’opposition, le seul chemin numérique vers 61 sièges nécessiterait le soutien des factions à majorité arabe. Ces partis, qui ont bénéficié d’une forte participation des citoyens palestiniens d’Israël, pourraient obtenir un total combiné de 19 sièges. Le chef de Ra’am, Mansour Abbas, s’est dit ouvert à rejoindre une coalition menée par l’opposition, tandis que les représentants de la Liste commune ont suggéré d’offrir un soutien législatif extérieur pour bloquer un gouvernement de droite. Cependant, M. Eisenkot et la plupart des figures de l’opposition juive ont rejeté l’idée de former un cabinet dépendant des partis arabes. Seul Yair Golan, chef du parti Démocrates, plaide publiquement pour une coopération avec les parlementaires arabes, bien que des divergences de politique sur l’administration de Gaza et de la Cisjordanie poseraient des défis importants.

Une troisième possibilité serait que M. Netanyahu convainc des figures de l’opposition de rejoindre sa coalition. L’attention s’est portée sur Naftali Bennett et Avigdor Lieberman, qui partagent des opinions conservatrices avec Likud sur la défense nationale et la politique régionale. Cependant, ils avaient tous deux fait campagne sur le départ de M. Netanyahu. De plus, ils ont fait de l’enrôlement militaire obligatoire des étudiants des séminaires ultra-orthodoxes une exigence centrale, une politique farouchement opposée par les partenaires ultra-orthodoxes de M. Netanyahu, Shas et United Torah Judaism.

Si les négociations de coalition échouent, le chemin par défaut est la dissolution du parlement et la convocation de nouvelles élections. En vertu de la loi fondamentale israélienne, le Premier ministre en titre reste en fonction en tant que chef d’un cabinet par interim. Les analystes électoraux suggèrent que les stratèges de Likud pourraient voir des avantages tactiques dans un nouveau scrutin, arguant que la forte participation arabe pourrait être difficile à maintenir si elle ne se traduit pas par une influence.