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International

Israël : L’opposition promet un nouveau gouvernement, sans dévoiler sa stratégie

Les figures de proue de l’opposition israélienne se sont engagées mardi à œuvrer pour remplacer la coalition actuelle dirigée par Benjamin Netanyahu par un « gouvernement d’urgence nationale ». Cependant, elles n’ont pas détaillé comment elles comptent parvenir à cet objectif.

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Illustration Fil Clair.

Les cinq dirigeants du « bloc du changement », menés par le centriste Gadi Eisenkot, se sont réunis pour la première fois depuis les élections du 27 octobre, qui n’ont abouti à aucune majorité claire.

Cette rencontre visait à coordonner leur stratégie avant le début des consultations avec le président Isaac Herzog, qui désignera le futur formateur de gouvernement.

Ces discussions s’annoncent complexes, étant donné les divisions au sein de l’opposition, qui regroupe un large éventail de partis, de la gauche à la droite nationaliste.

Une question cruciale est la possibilité d’une alliance avec les partis arabes israéliens, dont le succès électoral pourrait leur conférer une majorité de 61 sièges au Parlement, mais qui suscite des réserves au sein de certains partis.

Dans un communiqué publié après leur réunion à Herzliya, les dirigeants de l’opposition ont affirmé leur volonté de mettre en place un « gouvernement d’urgence nationale » et d’éviter de nouvelles élections.

Ils ont « réaffirmé leur engagement total envers la décision des électeurs israéliens, qui ont exprimé clairement leur désir de changement et de mettre fin au mandat du gouvernement actuel, celui du 7 octobre », précisant que ce gouvernement est accusé par de nombreux Israéliens de n’avoir pas su prévenir l’attaque du Hamas en 2023.

Le bloc de l’opposition, qui a obtenu 48 sièges contre 53 pour le camp de M. Netanyahu, n’a pas détaillé les moyens qu’il utilisera pour prendre le contrôle du Parlement. Ils ont toutefois indiqué qu’ils souhaitaient former un « gouvernement sioniste », ce qui semble exclure une participation directe des partis arabes israéliens.

Cependant, cela ne ferme pas la porte à une coalition gouvernementale minoritaire de partis juifs, potentiellement soutenue par les élus arabes à la Knesset.

Youssef Jabareen, chef de file de la Liste unifiée, une formation majoritairement arabe ayant obtenu 11 sièges, s’est dit prêt à soutenir un gouvernement anti-Netanyahu sans y participer, appelant l’opposition à « accepter la réalité politique » issue des urnes.

La déclaration du bloc de l’opposition laisse également entrevoir une possible collaboration avec des partis ultra-orthodoxes, actuellement alliés à M. Netanyahu, à condition qu’ils acceptent le principe du service militaire universel.

Les dirigeants de l’opposition ont également dénoncé la « campagne dangereuse et déchaînée » menée par M. Netanyahu, qui accuse les partis arabes de fraude massive pour saper la légitimité des résultats électoraux, sans fournir de preuves.

Avant la réunion à Herzliya, Yaïr Golan, dirigeant de gauche, a rencontré M. Jabareen. Il est le seul dirigeant du bloc de l’opposition à plaider ouvertement pour une alliance avec les partis arabes, une perspective qui rencontre une forte opposition au sein de la majorité juive, dans un contexte de polarisation accrue depuis le 7 octobre.

Avigdor Liberman s’est fermement opposé à cette option. Gadi Eisenkot a semblé l’écarter sans l’exclure catégoriquement, tandis que les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont adopté une position floue.

Mardi soir, Benjamin Netanyahu a publié un message sur les réseaux sociaux se disant « ouvert au dialogue » et appelant à la formation d’une large coalition gouvernementale sous sa direction. Il a exclu toute participation des partis arabes, qu’il a systématiquement critiqués, les accusant de fraude et les présentant comme une menace pour la survie d’Israël.

Le président Herzog doit confier un mandat de formation de gouvernement à l’issue de ses consultations avec les partis, prévues mercredi et jeudi. Traditionnellement, le président israélien choisit la personnalité la plus recommandée, en tenant compte du poids des différents partis, ce qui place Gadi Eisenkot en position de favori.