Découverte exceptionnelle : un registre révèle les rouages de la Légion française des combattants à Albi
Un vieux livre, soigneusement conservé, a refait surface, offrant un aperçu inédit des activités de la Légion française des combattants (LFC) à Albi pendant la Seconde Guerre mondiale. Mi-octobre, un brocanteur a contacté l’historien local Yann Roques, le présentant à ce document de 313 pages découvert lors d’une succession dans une maison d’Albi.
Ce registre, datant de décembre 1940, détaille les comptes rendus des réunions de cette organisation collaborationniste vichyste. À cette époque, le sud de la France était en zone libre, et la LFC, créée après la dissolution des associations d’anciens combattants par Pétain, servait d’outil de propagande pour le régime de Vichy.
Outre la prise en charge des prisonniers, les membres de la LFC surveillaient l’ouverture des commerces et menaient des enquêtes en coordination avec la police, agissant comme une antenne locale du pouvoir de Vichy, selon l’historien.
La section locale était dirigée par deux médecins, et comptait parmi ses membres des Albigeois issus de divers milieux professionnels. Si certains étaient clairement collaborateurs, d’autres manifestaient leur désaccord face à certaines actions, comme l’interdiction d’installation d’un commerçant juif, ce qui a conduit à leur démission.
Certains adhéraient par admiration pour le maréchal Pétain, dont les souvenirs de la Première Guerre mondiale restaient vivaces. L’influence de la LFC a décliné à partir de 1942, notamment après une lettre de l’archevêque d’Albi, Jean-Joseph Moussaron, exprimant son opposition aux déportations.
L’occupation du territoire et l’évolution de la situation ont ensuite conduit à une diminution du nombre de membres, passant de 2 500 à seulement 400 en 1943. Les réunions, initialement hebdomadaires, se sont espacées, et le registre s’est arrêté brusquement en avril 1944, avant la Libération, qui a eu lieu quatre mois plus tard. Étonnamment, aucun membre de la LFC n’a été inquiété après la guerre.
L’historien Yann Roques s’interroge sur le fait que les réunions semblaient se tenir en secret, une particularité qu’il juge intrigante.