Charles III exprime son regret face à l’héritage de l’esclavage lors d’un sommet du Commonwealth
Le roi Charles III a exprimé sa « profonde tristesse » et son « horreur » face à l’esclavage lors d’un sommet du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda, soulignant son désir de contribuer à la correction des erreurs du passé. Il a reconnu que la traite transatlantique continue d’affecter les îles et d’autres nations membres du Commonwealth.
Le souverain a affirmé qu’il n’était pas possible de modifier les actions du passé, mais qu’il était essentiel d’en tirer des leçons. Il a rappelé le rôle important de la Marine royale dans la fin du commerce international des esclaves.
Ce déplacement s’inscrit dans une tournée de neuf jours dans les Caraïbes, qui l’a également conduit au Guyana, où il a reconnu les souffrances passées. Le palais de Buckingham a précisé que toute action politique du Royaume-Uni relève du gouvernement, en raison de la position constitutionnelle de neutralité du roi.
Le premier ministre britannique, Andy Burnham, également présent au sommet, mène des discussions avec les dirigeants du Commonwealth concernant la possible présentation d’excuses officielles. Entre 10 et 15 millions de personnes ont été déportées d’Afrique vers les Amériques pour être asservies, sur une période de quatre siècles.
Andy Burnham, en poste depuis juillet, a annoncé son intention d’ouvrir un dialogue structuré avec les pays du Commonwealth, visant à aboutir à des excuses officielles. Il a cependant écarté la possibilité de réparations financières, malgré les demandes de plusieurs dirigeants de cette organisation de 56 pays, principalement d’anciennes colonies britanniques. « J’ai été très clair sur le fait que nous ne soutenons pas les réparations », a-t-il déclaré.
Le premier ministre a abordé la question de l’esclavage avec la première ministre de la Barbade, Mia Mottley, lors d’une rencontre bilatérale. Ils ont discuté de la manière dont le Royaume-Uni pourrait offrir un dialogue structuré aux communautés affectées par la traite transatlantique.
Philip Pierre, premier ministre de Sainte-Lucie et président du Caricom, a salué l’initiative d’Andy Burnham, soulignant que des excuses formelles seraient un moment historique. Cependant, il a ajouté que des excuses sans réparation seraient « incomplètes ».
Dans un article publié dans le Guardian, Andy Burnham a justifié son refus de compensations financières, arguant que les Britanniques d’aujourd’hui ne peuvent être tenus responsables de torts historiques passés. Il a cependant reconnu la responsabilité des États et des institutions, qui transcende les générations.
Le dirigeant travailliste propose de travailler à une restructuration de la dette des pays les plus pauvres du Commonwealth. Le Royaume-Uni prévoit également de mobiliser 40 millions de livres (48 millions d’euros) pour des projets d’infrastructures dans les Caraïbes et de créer deux groupes de travail pour stimuler le commerce et sécuriser l’approvisionnement en minerais critiques.