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Économie

Quatre romans en compétition pour le prestigieux Prix Goncourt

Le suspense est à son comble alors que quatre auteurs se disputent le Prix Goncourt 2026, un des plus hautes distinctions littéraires françaises. La cérémonie, qui se déroulera mardi, se veut une affirmation claire : la récompense est destinée à une œuvre humaine, suite à la controverse récente entourant Thélyson Orélien.

Illustration
Illustration Fil Clair.

La tradition sera respectée : l’heure du verdict approche, avec l’annonce du titre primé par le président de l’Académie Goncourt, dans l’escalier du restaurant Drouant à Paris. Le lauréat rejoindra ensuite le jury pour un déjeuner dont le menu reste secret.

Le processus de sélection a débuté au printemps, avec la réception de près de 400 romans. Après une première sélection de vingt ouvrages, les neuf membres de l’Académie ont finalement retenu quatre titres, aux styles et aux thèmes variés : « L’inconnue du Quai de Javel » de Philippe Jaenada, « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel, « Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois et « De l’autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme.

« Recevoir un prix littéraire est une joie immense, c’est un moyen important de faire connaître son livre, de vendre des livres et d’avoir des lecteurs », a déclaré Philippe Jaenada à l’AFP. Il a également souligné que l’absence de prix n’était pas une tragédie, ajoutant : « Si on ne l’a pas, il ne faut pas pleurer. On l’aura au prochain livre… ou pas. »

Le Goncourt est synonyme de succès commercial pour l’auteur et son éditeur, garantissant souvent des ventes de plusieurs centaines de milliers d’exemplaires grâce à la visibilité médiatique et en librairie.

Cette année, le groupe Madrigall, puissant éditeur français, est impliqué, puisqu’il détient Gallimard (Haenel et Mélois), Flammarion (Jaenada) et Minuit (Prudhomme). L’année dernière, Madrigall a déjà célébré le succès de « La maison vide » de Laurent Mauvignier, un roman de 750 pages ayant trouvé près de 640.000 lecteurs.

Le secteur de l’édition traverse une période difficile, marquée par une baisse des ventes due aux contraintes financières des consommateurs, aux fermetures de librairies et à la concurrence des écrans. La controverse liée à Thélyson Orélien, auteur dont le roman a été discrédité pour utilisation potentielle d’intelligence artificielle, a également exacerbé la situation.

L’Académie Goncourt envisage de modifier son règlement pour préciser que le prix ne peut être décerné qu’à une œuvre humaine. Les maisons d’édition, comme Gallimard, mettent désormais en œuvre des outils de détection d’IA pour examiner les manuscrits avant publication.

Outre le Goncourt, le prix Renaudot sera également annoncé mardi, suivi du Femina le lendemain. Le prix Médicis a été remis lundi à Philippe Vasset, le Grand prix du roman de l’Académie française à Sébastien Lapaque, et le prix Décembre à Anne Godard.