Mobilisations nationales : les Français manifestent pour le pouvoir d’achat et les salaires
Un appel national à la mobilisation, étendu aux secteurs public et privé, a rassemblé ce jeudi divers acteurs de la société française. Lycéens, étudiants, gilets jaunes et agriculteurs de la Confédération paysanne ont participé à ces manifestations, témoignant d’une contestation grandissante.
« On a envie de dire qu’on peut vivre dignement de notre travail », a déclaré Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, sur RMC-BFM TV, un message adressé aux pouvoirs publics et aux employeurs.
Les cortèges ont débuté en fin de matinée dans un climat globalement calme. Les autorités estiment la participation entre 500 000 et 700 000 personnes à travers la France, hors Paris, et entre 40 000 et 80 000 personnes dans la capitale.
En prévision de possibles incidents, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes, promettant une réponse ferme face à toute dérive. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a critiqué cette approche sur LCI, soulignant que « ce n’est pas avec des mesures sécuritaires qu’on va mettre fin aux manifestations, c’est en répondant aux revendications ». La CGT a recensé 260 manifestations prévues dans l’ensemble du pays.
Les syndicats réclament une revalorisation du salaire minimum (Smic), qui n’a pas été augmenté depuis 2012, une augmentation générale des salaires, une plus grande justice fiscale et la préservation des services publics. Ils demandent également de meilleures conditions d’études pour les jeunes.
Sur le sujet du Smic, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a évoqué sur franceinfo la possibilité d’une mesure, laissant présager une annonce du ministre de l’Economie, Roland Lescure, vendredi.
Le pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations, exacerbé par la hausse des prix des carburants et un projet de budget perçu comme austère. Selon un baromètre du Pacte du pouvoir de vivre, dont la CFDT est membre, une personne sur deux déclare avoir des difficultés à joindre les deux bouts avec ses revenus.