Vendredi 30 octobre 2026 En continu
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Économie

Christine Lagarde quitte la BCE : un mandat marqué par les crises

Christine Lagarde va quitter ses fonctions de présidente de la Banque centrale européenne (BCE) après sept ans, une période intense marquée par la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une inflation galopante et des tensions géopolitiques.

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Illustration Fil Clair.

2020 a vu la BCE faire face à l’urgence de la pandémie, une situation qui a conduit à une déclaration controversée de Lagarde en mars, minimisant le rôle de la BCE dans la stabilisation des marchés. Cette déclaration a été rapidement nuancée après une réaction négative des marchés.

En réponse à l’effondrement économique lié aux confinements, la BCE a lancé le 18 mars 2020 un programme de rachat d’urgence (PEPP), investissant jusqu’à 1.850 milliards d’euros dans la dette publique et privée. Des prêts à des conditions favorables aux banques, les TLTRO, ont également été mis en place.

La reprise économique post-pandémie et l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 ont provoqué une flambée de l’inflation, un défi majeur pour la BCE. La réponse initiale a été jugée trop lente, suscitant des critiques. En juillet 2022, la BCE a alors entamé une remontée rapide des taux d’intérêt, portant le taux directeur principal de 0 à 4 % en un peu plus d’un an. Cette politique restrictive a suscité des réactions virulentes, comme celle de Matteo Salvini, vice-président italien, qui a accusé Lagarde de vivre « sur Mars ».

Lagarde a également œuvré à apaiser les tensions au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE, organisant une retraite dans le Taunus pour favoriser le consensus. Elle s’est positionnée comme une « chouette », symbolisant la sagesse plutôt qu’une approche dogmatique.

Selon Andrew Cunningham de Capital Economics, Lagarde a consolidé la transformation de la BCE, initiée par son prédécesseur Mario Draghi, en une institution moderne. Pour prévenir de nouvelles crises, la BCE a mis en place en 2022 un « Instrument de protection de la transmission » (TPI), permettant d’acheter des obligations d’État pour stabiliser les marchés. Face aux récentes tensions sur la dette française, Lagarde a cependant exclu l’utilisation de cet instrument, insistant sur la nécessité de solutions françaises. Enfin, la BCE a renforcé son engagement sur les questions climatiques, intégrant les risques liés au réchauffement dans ses politiques.