Lyon : une association tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation alarmante du nombre de personnes sans domicile fixe
À Lyon, l’association Alynéa a dévoilé un ouvrage photographique poignant, illustrant la réalité des personnes sans abris et soulignant l’augmentation significative de leur nombre dans la Métropole. Ce lancement coïncide avec l’entrée en vigueur de la trêve hivernale ce dimanche 1er novembre.
Estelle, une ancienne habitante de rue, a été surprise de retrouver son portrait dans ce livre. Une photographie la montre en train de se coiffer sous le pont de l’île Barbe. Une autre image révèle l’endroit où elle vivait, avec ses réfrigérateurs, fonctionnel et défectueux.
Estelle a accepté de partager son expérience de ces huit dernières années passées dans la rue. Elle a désormais accès à un logement, une opportunité qu’elle juge rare compte tenu de la multiplication des personnes sans abris. « Ce n’est même pas par année, c’est par semaine et par jour qu’il y a des gens qui sont dehors, car ils n’ont pas de moyen de paiement », témoigne-t-elle.
Selon Estelle, qui travaille dans une maraude, des familles avec de jeunes enfants, dont certains âgés de moins de deux mois, se retrouvent à vivre dans la rue, à l’Île Barbe.
Le SAMU social a enregistré 3 283 personnes sans abris dans le Rhône en 2025, une augmentation de 75 % par rapport à il y a cinq ans. Ces personnes se trouvent dans des situations de plus en plus précaires. « C’est quelqu’un qui sort de l’hôpital, qui a encore des soins et qui n’aura pas de solution. C’est une personne âgée de 80 ans qui n’a pas de solution. C’est un enfant en très bas âge auquel on ne peut pas apporter de solution », explique Maud Bigot, directrice opérationnelle de la veille sociale de l’association Alynéa.
Maud Bigot insiste sur l’urgence de la situation : « Cette année, c’est plus qu’une alerte. On n’est pas au bord de l’implosion, on a complètement tapé le mur ».
Un sans-abri installé devant un magasin Ikea à Vénissieux depuis un an a récemment reçu une proposition d’emploi de la part de l’entreprise.
Les associations se disent dépassées par le nombre croissant de demandes. En 2025, 14 personnes sans abris, connues du SAMU social, sont décédées dans le Rhône.