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International

Nouvelle campagne de cyberespionnage russe détectée : des téléphones portables ciblés

Une entreprise française de cybersécurité, Sekoia, a révélé ce mercredi 5 novembre un rapport détaillant une nouvelle campagne de cyberespionnage attribuée à la Russie. Cette opération vise spécifiquement les téléphones portables, avec pour objectif de voler des cookies de navigateur, et potentiellement des mots de passe Wi-Fi ou l’intégralité des données stockées.

Illustration
Illustration Fil Clair.

La technique employée par les attaquants repose sur l’exploitation de sites internet compromis, servant de points d’entrée pour injecter un code malveillant. Sekoia a identifié une dizaine de sites web, appartenant à des entreprises américaines, un parti d’extrême droite européen et un site bulgare, qui ont été ainsi affectés. Amaury-Jacques Garçon, analyste en cybermenace chez Sekoia, a précisé à l’AFP que le groupe a également créé des sites internet malveillants imitant des sites légitimes.

Un exemple particulièrement préoccupant est la duplication du site d’un hôtel britannique situé en face du ministère de la Défense. Sekoia souligne que cette action suggère une tentative possible de cibler des délégations diplomatiques et des personnalités importantes. L’attaque a également visé un opérateur ukrainien, dont les traqueurs sont utilisés sur des milliers de sites web, principalement en Ukraine. Plusieurs milliers de personnes auraient potentiellement été affectées.

Les cybercriminels ont exploité des failles de sécurité dans d’anciennes versions d’applications mobiles, ce qui a permis d’éviter que les utilisateurs ayant installé les mises à jour ne soient touchés. L’objectif était d’exfiltrer des données spécifiques depuis les téléphones ciblés. Sekoia est convaincue, avec un degré de confiance moyen à élevé, que cette campagne a été menée par APT29, un groupe d’intrusion lié à la Russie et souvent associé au service des renseignements extérieurs russes, en raison de similitudes avec d’autres opérations précédemment attribuées à ce groupe.

Ce type d’attaque n’est pas nouveau. L’agence de cybersécurité française (Anssi) avait déjà documenté de tels cas en novembre 2025, impliquant des acteurs étatiques de plusieurs pays, dont la Russie. En mars, Google avait également mis en lumière une méthode d’exploitation similaire, initialement identifiée par Sekoia.