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Société

Blessée en gare : une habitante de la Creuse peut-elle engager la responsabilité de la SNCF ?

Nathalie, résidente du département de la Creuse, relate une blessure survenue alors qu’elle tentait de prendre sa correspondance ferroviaire.

Illustration
Illustration Fil Clair.

Son train, en provenance de Paris et à destination de Limoges, accusait déjà une heure de retard au départ.

Arrivée en gare, Nathalie n’avait que deux minutes pour rejoindre son TER : monter sur l’escalator, traverser le hall de la gare, redescendre un escalier et finalement embarquer, le tout avec une valise volumineuse.

Dans la précipitation, elle est tombée, se fracturant le genou et fissurant son ménisque. Elle est actuellement immobilisée.

La SNCF peut-elle être tenue responsable de ces blessures ? Le retard du train constitue une violation de l’obligation de ponctualité, mais cela ne garantit pas une indemnisation pour les préjudices subis par Nathalie.

Selon les avocats Maître Liger et Maître Jegouzo, spécialistes en contentieux, la responsabilité de la SNCF dépend des circonstances de la chute. Si celle-ci est due à une anomalie du sol, comme un trou, la SNCF pourrait être tenue responsable, à condition de prouver le caractère anormal et dangereux de cette anomalie. Dans ce cas, l’indemnisation pourrait aller au-delà des frais médicaux, incluant par exemple une aide à domicile.

Inversement, un simple faux pas ou une maladresse de la victime ne justifie pas d’indemnisation.

Malheureusement pour Nathalie, il semble que ce soit le cas.

Cependant, Nathalie pourrait tenter de démontrer une faute de la SNCF en soulignant l’absence d’agent sur le quai pour guider les voyageurs, compte tenu du délai de correspondance très court. Cette argumentaire pourrait être renforcé si les informations concernant le changement de quai n’avaient pas été communiquées aux voyageurs via les annonces sonores, les panneaux d’affichage ou l’application mobile.

Avant d’engager une action en justice, il est nécessaire de saisir le médiateur de la SNCF.

Il est conseillé de conserver tous les justificatifs : billets, photos, témoignages, rapports d’intervention des secours. Les images des caméras de surveillance de la gare peuvent également être obtenues. Enfin, il convient de vérifier les contrats d’assurance, notamment la garantie des accidents de la vie ou celle de la carte bancaire, qui pourraient couvrir une partie des préjudices.